24 – L’église Saint-Eloi

Il existait dès le Moyen-Age une chapelle à Couvé : le comte de Dreux obtint de l’évêque que le centre de la paroisse soit déplacé d’Aunay à Couvé en 1216.

 

Quand Madame de Pompadour acquit le château, la population de Couvé augmentant, elle fit agrandir cette chapelle en améliorant sa décoration : un nouveau retable est édifié en bois peint imitant le marbre, ouverture de larges fenêtres, statuaire et toiles.

 

Elle fait appel pour la réalisation des toiles à des grands maîtres de son époque : entre autres Joseph-Marie Vien, pour un « St-Jean Baptiste » et un « St-Eloi » encadrant une « Visitation », mais celle-ci ne fut jamais posée, la représentation de la Vierge déplaisant à Madame de Pompadour, elle fut remplacée par une « Adoration des Bergers ».

 

Sur l'autel latéral gauche, une Annonciation du XVIII°, copie inversée d'une toile de Louis de Boulogne.


Au fond de l’église, on peut voir également les statues de Ste-Anne et St-Léonard, de la même époque.

On notera sur chaque vitrail la présence des trois tours, armes de la Marquise.

Le confessionnal de Madame de Pompadour a été restauré en 2008, redonnant à ce meuble toute sa patine d’origine.

 L’église St-Eloi a été le théâtre de la cérémonie de mariage des « filles de ses villages », dotées par Madame de Pompadour elle-même et le Roi : par exemple, les 5 et 7 octobre 1751, « Jacques Maillard et Marie Labiche, Mathurin Mython et Marie-Catherine Morée y sont unis devant Dieu, le Roi et Madame de Pompadour. »

Pendant la Révolution, une partie de sa décoration fut détruite, le caveau seigneurial des Verjus est ouvert, certains corps de la famille exhumés. Rendue au culte au début de l’Empire, l’église abrite de nouveau certaines toiles échappées des vents révolutionnaires.

D’aucuns s’étonnent de voir le clocher du village de Crécy-Couvé penché (ce qui ne nuit en rien par ailleurs à sa solidité!).

Mais à bien y regarder de plus près, il n’est pas le seul dans cette situation dans la région...

 

Une hypothèse serait émise qu’à cette époque, les maîtres charpentiers rivalisaient entre eux d’adresse et de savoir-faire, en faisant pencher leurs clochers le plus possible sans les faire rompre...!

 

Ou bien une autre qu’il était construit pour faire face aux vents dominants, ou encore une autre qui tient compte des méthodes de construction des charpentiers de marine.